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guerre d'espagne
La chose est décidée, les Eaux du Boulou viendront à Perpignan.
Texte tiré du blog: http://leauquichante.com/
~Perpignan-Thermal. 02 Février 2014 Plusieurs projets mirifiques sont nés à Perpignan autour du thermalisme. En 1913, le projet semblait près de sa réalisation. Ce ne fut, hélas, qu'une nouvelle déception ! C’est en feuilletant une revue pour combler ma boulimie, je dirais même d’étancher ma soif pour connaître la vie de nos parents et grands-parents que j’ai découvert avec étonnement qu’à Perpignan, il y a 101 ans exactement, des hommes d’affaires voulaient inverser durablement le destin de Perpignan. Le projet, très ambitieux, envisageait de transformer Perpignan en ville d’eau. Rien que ça ! Je ne résiste pas au plaisir de vous raconter cet événement insolite, au demeurant sympathique, permettant aux habitants de rêver, un mirage qui expire de mort brutale quelques mois après. L’histoire débute le 1er janvier1913 lorsqu’un journal local annonce qu’une société se propose de transformer Perpignan en ville thermale. Cette société nommée Perpignan-Thermal dont on ne dévoile pas les promoteurs avait à sa tête Edmond Bartissol, un riche homme d’affaires aux multiples casquettes. A Perpignan, il est l’artisan de la démolition des remparts de la citadelle qui ceinturaient le centre-ville dont le Castillet était une des portes d’entrée. Le but était de libérer de l’espace pour que la ville se développe, mais cette démolition est très contestée par une partie des perpignannais. De la même façon, toutes proportions gardées, il était à Perpignan aussi populaire et aussi détesté que l’avait été le baron Haussman, autrefois à Paris. Il avait ces partisans qui attendaient beaucoup de cet entrepreneur pour épanouir la ville et ceux qui l’accusaient de défigurer la cité mais aussi le qualifiaient d’affairiste et d’opportuniste. Il est élu député des Pyrénées Orientales à plusieurs reprises. L’année 1913, c’était 1 an avant la 1ère Guerre mondiale mais en pays catalan on n’y songeait pas encore, bien que tous les indices économiques et sociaux soient révélateurs de l’inévitable conflit, les décideurs étaient préoccupés par l’idée du développement touristique qui prenait corps en Roussillon. La Côte Vermeille venait s’être baptisée, elle devenait la vitrine du département Toujours est-il que le journal local publiait au sujet de Perpignan-Thermal : « C’est un vieux projet qui fut pris, abandonné, puis repris et re-abandonné, un vieux projet que les perpignannais caressent depuis longtemps et auquel ils étaient en train de renoncer ». Une brochure, éditée à l’occasion, parlait d’affaire colossale définitivement mise sur pied. Et le journal, qui ne cachait un certain enthousiasme affirmait : Perpignan-Thermal n’est plus un projet, ce sera demain une réalité. Grâce à des hommes d’action, le rêve thermal des perpignannais devenait certitude pour une brillanté postérité de la capitale du Roussillon. Mais le rédacteur restait prudent s’il n’était pas sceptique. L’entreprise projetée, écrivait-il, nous a parue non seulement sensée et raisonnable, heureuse et réalisable, mais tout à fait profitable pour le pays et les catalans. La nouvelle Société voit grand, mais elle se tient dans la vérité. Une vérité qui s’exprimait 4 jours après dans un nouvel article portant un titre : Des thermes, un hôtel, un casino, un théâtre-restaurant. Suivait un résumé du projet combiné de réflexions. La construction d’un grand hôtel luxueux était déjà programmée mais aussi l’édification d’un casino municipal « qui permettait enfin d’abattre la vieille masure que l’on ose encore décorer du nom pompeux de Théâtre municipal ». Pauvre Théâtre Municipal, qui en 2014, sommeille toujours au coeur de la cité ! Toujours est-il que l’espoir prend racine chez les perpignannais. On ne peut être insensible à un projet aussi important qui ferait de Perpignan une ville sinon capable de rivaliser immédiatement avec Vichy mais une cité dynamique, belle et riche. C’est que le projet de Perpignan-Thermal est grandiose et ambitieux. Les promoteurs envisageaient 4 parties dans l’exploitation : 1. Les eaux thermales. 2. Les thermes et l’hydrothérapie. 3. L’hôtel grand apparat. 4. Le casino-théâtre-restaurant. Les établissements séparés de jardins arborés devaient se construire en face de la Pépinière, en prolongement du pont Arago, sur le cours Lazare-Escarguel, jusqu’à la place de Catalogne où trônait, déjà, la remarquable bâtisse des Dames de France, face à l’avenue de la gare. Ce nouveau quartier démontrait que l’extension au-delà des remparts était inéluctable pour développer une ville moderne. La Société promettait d’exposer les plans afin que les perpignannais mesurent l’ambition d’un projet luxueux dont la réalisation est imminente ; un complexe qui pourrait recevoir au moins 150 voyageurs, touristes ou malades dans un décor agréable. Entre les précédentes intentions avortées et les visées nouvelles, disait-on, il y a la distance du rêve à la réalité ! Une foule de sceptiques se demandaient ce que cachait ce subit déchaînement d’investissements sachant que la Ville de Perpignan ne possède pas de sources minérales qui puissent être exploitées ! La réponse arrive le 4 janvier 1913 par l’entremise de la presse qui annonce que l’eau serait amenée dans la ville. Comment ? Perpignan-Thermal a anticipé en achetant la Source Molas à la Société Thermale du Boulou mais aussi les terrains réservés aux constructions. Les financements du grand projet est assuré par le dépôt, déjà effectué, de 2 millions de francs (il s’agissait alors de franc-or) et par des actions émises en Roussillon. Dans le même temps, les journaux publiaient une annonce ainsi conçue : Perpignan-Thermal, Société anonymes en formation au capital de 2 millions. Emissions de 1200 actions de 500 francs. Renseignements : Mr Betsellère, 3 avenue du Canigou Perpignan. Et les catalans, toujours un peu chauvins se réjouissaient : si les capitaux étaient confiés à la société, les embellissements de la ville resteraient perpignanais, les « étrangers » n’en seraient pas seuls maîtres ! Le projet n’avait pas seulement un écho heureux parmi les actionnaires et ceux qui flairaient une bonne affaire. Toute la population s’y intéressait. La Revue de l’Eden-Théâtre, salle de spectacle situé près de la Promenade des Platanes, en avait fait le sujet d’un sketch : Quand Perpignan sera station thermale, On s’embrassera pour les élections, On sera des frères…parodiait Alphonsine Gautard, la vedette du show. Justement, s’embrasser pour les élections, à cette époque où les querelles politiques s’envenimaient facilement, c’était une intelligence impensable, surtout inespérée ! Toujours est-il que le 15 janvier 1913, une revue affirme que dans quelques semaines la première pierre du futur établissement sera solennellement posée. Un an après, l’auteur de l’article devra faire amende honorable ! Les rumeurs parcouraient aussi vite la ville et, même le département que la tramontane de saison. Il se racontait tout et n’importe quoi. Un pareil optimisme paraissait fondé. D’après la presse régionale, les fonds nécessaires étaient en bonne partie par des financiers étrangers et que l’émission proposée aux Roussillonnais était assurée. Pourtant ne croyez pas que le projet de Perpignan-Thermal était accueilli par un enthousiasme unanime. Dès le 27 janvier, le journal local déclarait avoir reçu des protestations contre l’éventuelle construction d’un casino et la future instauration des jeux. De nombreuses objections sont présentées, la plus importante étant le danger moral pour la cité et ses habitants. La roulette, le bacarra étaient pour les contestataires de vrais dangers publics. Les « pour » rétorquaient que les divertissements seraient une source d’enrichissement pour la ville et on donnait en exemple, chiffres à l’appui, les nombreuses villes françaises, certaines moins importantes que Perpignan, dont le budget était agréablement gonflé par l’exploitation des jeux du casino. Ce casino, ouvert toute l’année, le climat du Roussillon, les vertus de l’eau du Boulou et les émotions fortes des incertitudes de la « boule rouge et noire » sur le tapis vert seraient un attrait supplémentaire pour la nouvelle cité thermale et, même pour la Côte Vermeille. D’ailleurs ajoutaient les « libéraux », les catalans n’aiment pas les jeux de hasard, ils s’abstiendront ! Bigre, c’était faire grande confiance à leur raison et à leur moralité. Le meilleur argument était encore que le budget communal serait largement bénéficiaire, ce qui incontestablement a toujours eu une grande portée ! La polémique, on l’aime tant dans notre petit pays, faisait son bonhomme de chemin. La population restait très intéressée par cette cascade de bonnes nouvelles. Le journal avouait que le manque de place ne lui permettait pas d’insérer toutes les lettres reçues. Le 29 janvier, il annonçait que les pourparlers financiers à Paris avaient abouti et il ajoutait : les incrédules et les rétrogrades devront s’incliner ! D’autre part, la clôture de la souscription catalane devait être définitivement close du 15 au 20 février. Le mouvement créé autour de Perpignan-Thermal trouvait naturellement un écho dans l’économie perpignannaise qu’il stimulait. On parlait de mise à l’étude de grands hôtels organisés sur le modèle des hôtels parisiens. Les hôtels existants sur place se rénoveraient et on soulignait déjà leurs efforts. La publicité globale était entretenue. Le 3 février on pouvait lire : La chose est décidée, les Eaux du Boulou viendront à Perpignan. Le financement est réalisé ; le premier coup de pioche des travaux de canalisation pour le transfert de l’eau est prévu début mars. Une campagne de réclame est prévue pour louanger les vertus minérales de l’Eau du Boulou dont la renommée était encore trop limitée. Les plans de l’ensemble du programme édifiés par la Société Perpignan-Thermal sont, dès les premiers jours de février, exposés dans les vitrines du magasin Pomès rue Alsace-Lorraine, à l’angle de la rue Mailly. C’était un ensemble sous le rapport de l’élégance et l’esthétique, de ce qui pouvait se concevoir de plus séduisant en ce début de siècle. On vantait les vastes proportions, l’originalité de l’architecture, le confort moderne, l’agrément et on exprimait l’espoir que cette nouvelle opération ne s’édifierait pas, cette fois, seulement sur le papier. Quelques jours après à propos d’une conférence réalisée par le professeur Estor sur l’héliothérapie et les bienfaits du soleil catalan, on apprenait que cet atout important avait été retenue par la Société thermale. Les architectes avaient prévu dans l’établissement des aménagements pour que les curistes puissent profiter du soleil dans les cabines. Il était notamment question d’un jeu de miroir combiné qui par le plafond, permettait au soleil d’entrer largement. Ainsi les malades, en particulier les enfants, pourraient bénéficier d’un double traitement : héliothérapie et thermal. Perpignan deviendrait une ville d’eau et de soleil ! Le 27 février enfin, sous le titre, Un projet qui se réalise, apparaissait la grande nouvelle : dans quelques jours débuteront les travaux. Une série de cartes postales récemment éditées était diffusée. On y voyait l’image des futurs établissements : la façade et les dispositions intérieures. Un Grand Hôtel très moderne, d’un luxe certain. Le casino, vaste, présentait plus de 1200 places, avec cerise sur le gâteau, une salle des fêtes magnifique. La ville en était dépourvue et à cette époque les perpignanais la désirée depuis belle lurette. Les thermes étaient gratifiés de tous les progrès de la science médicale. On pouvait découvrir ces images dans les vitrines de quelques boutiques du centre-ville. La curiosité de la population était ainsi tenue en éveil et son intérêt grandissait. Hélas, catastrophe, à cette date plus rien n’a été publié sur le sujet, le rêve ne s’est pas réalisé, il est tombé à l’eau une nouvelle fois. Les fonds nécessaires n’ont-ils pu être recueillis en quantité suffisante ? Les promoteurs ont-ils perdu confiance dans la rentabilité de l’établissement thermal ? A moins d’un an de la Première guerre peut-être la conjoncture politique qui se dégradait déjà paraissait-elle trop dangereuse pour qu’on puisse mener à bien la réalisation d’une telle affaire ? En tout cas, Perpignan-Thermal, une fois de plus, devait rester une chimère pour tous les perpignannais et tout le Roussillon. Entre les deux guerres, il en fut encore question. On en parla, à nouveau il fut question d’amener les eaux du Boulou mais aussi celles de la Preste depuis le Vallespir. A ce moment, c’est au Café du Square qu’on pensait pour y réaliser, plus modestement d’ailleurs, Perpignan-Thermal. Le Café avait été bâti, en 1913, sur l’emplacement des anciens remparts, à l’entrée de l’actuel boulevard Jean Bourrat, en face du Monument aux Morts. Son exploitation ne dura pas, il fut fermé et resta longtemps inutilisé. C’est pourquoi une poignée d’irréductibles envisagèrent y faire renaître le rêve d’autrefois mais aucune suite ne put être donnée aux suggestions timidement avancés. Il manquait sans doute la vraie foi…et l’argent ! Perpignan-Thermal, il y a 101 ans cette année 2014, ne fut qu’une étoile filante dans le ciel perpignannais mais sa trace demeurera à jamais scintillante. Je n’oserais pas conclure que ce mirage est définitivement enterré, il est permis d’espérer qu’un audacieux le fasse renaître de ses cendres sous une forme moderne ! L'architecture du Casino était remarquable tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Sur le plan on peut voir la finesse du moindre détail, digne du château de Versailles. Source : Reflets du Roussillon de 1969. Le titre : Un beau projet qui n’a jamais vu le jour : Perpignan-Thermal.
L’auteur est Rosine ( ?). Les illustrations sont de Mr Bardaji. Texte re-écrit et adapté à L’eau qui chante par votre serviteur Christian Tena.
la gare et le restaurant A. Marty
toujours sur Delcampe.net le camping "les oliviers"
Une nouvelle vue du pont sur Delcampe.net
Une pensée pour marie et jean Maso, rue Chambon
"A l'époque t'avais 1 franc, tu étais l'américain ! Du haut de tes 1métre 10 que tu avais à 7 ans, tu franchissais conquérant la porte du bazar de Mme Mazo au Boulou et là....... razzia sur les bon-becs, enivré par les odeurs des sucreries, des fournitures scolaires, des jouets entassés, des frondes, des maquettes plastiques.... Le rêve personnifié dans 10 mètres carrés. Juste après courir vite pour pas être en retard à l'école !!!!! ça réveille pas des souvenirs ça !!!!!!!!"
Alain
Vous oubliez les vrais bâtons de réglisse , non pas les rouleaux noirs, mais ceux qui ressemblaient à du bois... et les chewings-gums qui éclataient en faisant des bulles.... et qui restaient collés sur les lèvres.... Ah Marie Maso, je ne l'ai jamais vue marcher, elle courait! Et puis il y avait la concurrence chez le Marchand Louis, là où se trouve le Kebab de la place. Le marchand Louis était le roi des pièces à 1, 2 5 etc
Jackie























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