Nostalgie?
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Mas Sabole (photo l'indep)
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Mas Sabole (photo l'indep)
https://www.facebook.com/reel/37990848800502230
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-nuits-de-france-culture/une-famille-republicaine-4604950?at_campaign=Facebook&at_medium=Social_media
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Accessoires du poilu.
Ouvre-boîte
Nécessaire à couture
Nécessaire à couture (suite)
Boîte à grillon
Les grillons étaient réputés arrêter de chanter en présence des gaz de combat .
Le grillon dans cette boîte portée par certains soldats était sensé donner l'alerte par son silence soudain. Son efficacité était toute relative...
Un texte (d'un autre temps) de Simon Auriol, retrouvé par Jackie Ferrer.
AUX EMPECHEURS DE DANSER LA SARDANE EN ROND
Le maréchal-ferrant de notre enfance n'attendait pas que le soleil eut pris son bain dans la Méditerranée pour ceindre son tablier de cuir, retrousser ses manches, rouler sa première cigarette et, à grands coups de marteau, signifier aux habitants du quartier qu'il était temps de se lever. Non content d'arracher au sommeil (...comme une dent, dirait le poète) ses concitoyens, il leur offrait en prime les rustaudes puanteurs dont la corne brûlée a le secret. Plus que matineux, lui aussi, à l'autre bout de la rue, le charron cerclait à grand bruit quelque roue de charrette des potron-jacquet. Et, parce qu'il n'aurait pas suspecté d'être traité de fainéant, le tonnelier, semblable en cela aux autres, tenait à faire quotidiennement la pige à ces rëveille-matin emplumés appelés coqs...qui n'en perdaient pas pour autant la voix. Bruits familiers, bruits d'un autre âge...Jamais, au grand jamais, un villageois ne chanta pouilles au maréchal-ferrant, au charron, au tonnelier, à propos du bruit. Jamais le maire ne reçut un semblant de plainte. Les gendarmes eux mêmes, pourtant aux premières loges (leur caserne était située à quelques dizaines de mètres à peine des redoutables marteaux de nos trois compéres), n'eurent pas une seule fois la tentation de protester. "Bruits d'un autre age", avons-nous écrit. Et oui, le maréchal ferrant est mort: déserte la forge! Plus de tonnelier et plus de charron. Aujourd'hui, s'ils revenaient dans leur village et se remettaient à battre le fer et à taper sur la douelle, les pauvres essuyeraient un feu nourri de tollés et seraient sans doute invités à exercer extra-muros leurs tonitruants talents. Parce que les temps ont changé, comme à changé le village classé "station thermale", les cogs n'ont plus le droit de s'y égosiller et, tenez-vous bien. interdiction a été faite à l'horloge du clocher de piquer les heures: il parait qu'elle mettait trop de coeur à l'ouvrage. Chut !...II ne faut surtout pas gèner les empêcheurs de danser la sardane en rond. Vous savez, ces bonnes gens qui supportent mal qu'une cobla invite les sardanistes à former la ronde sans que les musiciens leur aient demandé au préalable la permission d'instrumenter. Vous souriez ? Vous pensez que nous exagérons? Vous avez tort: Ils sont nombreux, ils sont légion, les empêcheurs de danser la sardane en rond. La portière qui claque les agace, l'enfant qui joue les énerve, le chien qui aboie les exaspère, l'adolescent qui rit un peu trop fort les met en rogne. Ils sortent de leurs gonds pour un oui et explosent pour un non. Ils rêvent d'un monde où l'interdiction serait faite aux abeilles de hourdonner, aux canards de nasiller, aux chiens de clabauder, aux poules de piauler, aux sauterelles de striduler, aux moineaux de pépier, aux enfants...d'être enfants et aux coblas de chanter la joie de vivre. Ils sont la terreur des gendarmes qui n'en finissent pas de coucher noir sur blanc, leurs récriminations. Ils sont le cauchemar du maire qui, à longueur de journée, doit subir leurs jérémiades, quand il n'a pas à affronter leur colère. S'ils en avaient le pouvoir, aussi paisibles que le...néant seraient nos villes et nos bourgs! Maréchal ferrant de mon enfance, dis à ces malheureux que la vie ne doit pas ressembler à ton tombeau, fait de béton et de silence. Dis leur qu'elle a du bon, l'existence avec ses bruits, son tohubohu, son charivari, ses fanfares...et ses coblas. Définis à leur intention le mot "tolérance", ce joli mot que certains semblent malheureusement avoir rayé de leur vocabulaire une fois pour toutes. Invite-les à aller au devant des autres, la main tendue, la compréhension en éveil l'amitié offerte. Dis-leur gentiment d'entrer dans la danse de la vie et de danser, de danser, jusqu'à épuisement. et Quand la bonne, la saine fatigue aura fait son oeuvre, les portières pourront claquer, les matous faire la cour à leur belle, les enfants s'amuser, les adolescents s'esbaudir, les coqs coqueliner, ils ne les entendront pas. Dis-leur surtout, maréchal-ferrant de mon enfance, qu'il n'est pas folichon- folichon, le royaume du silence, qui est aussi celui des ombres. Ton royaume. Et sache, ami disparu, que je regrette les réveils brutaux que tu m'offrais, le tonnerre de ton enclume sans cesse martyrisée...et même ces puanteurs rustaudes dont la corne brûlée a le secret que j'évoquais tantót. C'est si triste, une forge-cimetière. Triste comme un village-nécropole.
Simon ORIOL
Ainsi parlait SIMON "SUPPORTONS NOUS LES UNS, LES AUTRES".