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Bon anniversaire Modeste

Publié le par jo

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La mairie

Publié le par jo

la mairie avant son aggrandissement avec accolée, la maison de la famille Candy devenue Kennedy aux USA

la mairie avant son aggrandissement avec accolée, la maison de la famille Candy devenue Kennedy aux USA

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A vendre sur Delcampe

Publié le par jo

Curieuse photo inédite. Quelqu'un sai-il de qui il s'agit et que reprrésente  le macaron à la boutonnière ?

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Le Tech aujourd'hui

Publié le par jo

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la gare, une photo d' Eric Rovira

Publié le par jo

la gare, une photo d' Eric Rovira

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tonton de Noël

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Transbordement

Publié le par jo

Ceci doit rappeler des mals de dos à beaucoup.

 

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adrienne Cazeilles, radioscopie

Publié le par jo

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Records 3

Publié le par jo

 

Le soir venu, le repas expédié, sous la fenêtre opaque, la vaisselle séchait sur la pile en granit au coin de la cuisine.

Le gant de toilette pendu au seul robinet d’eau, gouttait dans la bassine où nous jetions ensemble quelques mouches distraites que nous avions "chopées" d’un coup de patte experte. Mon frère était rapide, j’étais pas mal non plus et ce jeu nous tenait jusqu’au moment venu où mémé saisissant la bassine, en aspergeait la rue. Après s’être essuyée à son vieux tablier, elle attrapait une chaise qu’elle trainait au dehors, l’appuyait dos au mur et dans l’air tiède encore, rejoignait le cordon des voisins alignés, bavardant à la fraîche. Les enfants, avec nous, car un peu isolés, nous piaillions de concert autour de ma grand-mère sans être dérangés par ces adultes prompts à tous nous faire taire.

Peu à peu, s’égrenait ce chapelet vivant et à l’appel pressant, des parents des copains, nous quittions tous la rue, claironnant « à demain ! ».

Notre chambre était haute et l’escalier pentu, le lit était immense, très haut et très ventru. Ses quatre matelas où nous nous enlisions, nous gobaient en entier et nous avions souvent avant de l’avoir lu, le livre sur le nez… Les genoux de mémé claquaient dans l’escalier et puis redescendaient lentement dans la nuit.

Et ce n’est qu’au matin déjà bien entamé, que nous levions le nez. Les voix, les cris et rires des gens interpelés, nous faisaient nous lever, conscients d’avoir laissé du temps nous échapper.  Nous chaussions les sandales, enfilions le tee-shirt, dévalions l’escalier et puis nous asseyant face au café au lait, mémé nous apportait nos deux croissants beurrés tandis que le vieux chat caressait nos mollets.

Un coup d’eau sur le nez et puis nous attendions dans la rue, les copains pour définir ensemble l’occupation du jour.

La tenue de l’époque durait quelques semaines et convenait pour tout, partout autant qu’ailleurs, maillot de bain, tee-shirt, sandales en caoutchouc. Une tenue, unique, amphibie, pour la ville comme pour la rivière, les vignes ou les cailloux.

Ah! Comme on les a aimées, ces sandalettes, fines, transparentes et dociles qui s’enfilaient telles quelles, se retiraient facile, même si trop souvent, un gravier se glissait dans les espaces vides. Comme on les a aimées !

Bon, elles laissaient bien, un peu, le soir, à l’heure du lit, leur empreinte brunie bordée d’un noir de suie mais elles claquaient si bien quand nous courrions ensemble dans les rues du Boulou. Mais elles bronzaient un peu, elles aussi, au soleil et leur couleur jaunie annonçait une rupture prochaine, brutale, irrémédiable. Une languette, usée fatiguée, celle du petit doigt toujours, décidait de casser et du coup en glissant, laissait sortir le pied.

Puis nous courrions au Tech, notre rivière à tous, le terrain d’aventure, terrain d’exploration et terrain de nature. Je passe sur les cabanes, construites tous les ans, au gré des crues, des îles et méandres changeants. Faites de bric de broc, apporté par les eaux et les gens du village, meublées par les décharges, elles nous prenaient des jours en collecte et recherche de matériaux propices à nous faire un abri. La construction en soi nous passionnait longtemps mais une fois terminée, l’intérêt n’y était plus, chacun rentrait chez soi pour jouer dans sa rue.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Records 2

Publié le par jo

En ce temps là… je vous parle d’un temps que beaucoup trop de gens ne peuvent pas connaître…à moins de soixante ans.

En ce temps là donc, il fallait dix huit heures pour descendre en voiture de Paris à Perpignan, par la route, et enfin au Boulou.

Dix-huit heures d’aventures aléatoires, parfois de nuit, sur la route mythique des vacances et des congés payés, dix-huit heures où pour se faire entendre il nous fallait hurler, dix-huit heures de mal de fesses, mal de dos, mal de tête, souvent en suivant ces camions qui fumant, crachant et puant, parcourent à pas lents, monotones et trainant, notre nationale 7.

En ce temps là on avait la hantise de la panne traitresse qui obligerait papa à nous secouer, la nuit, pour nous faire pousser, avec ce drôle de goût en bouche.

On sentait la menace palpable de cette épée qui nous ferait dormir sur le bord de la route secoués par les gifles puissantes des camions… encore. On attendrait d’avoir pu trouver du secours ou bien, d’un fil-de-fer noué, crocheter l’embrayage afin de l’actionner, s’il vous plaît, à la main. Et puis, pour éclairer un peu notre chemin, le papier de chewing gum entourant un fusible, nous permettrait peut-être d’y voir jusqu’au matin…

Au matin renaissant, le soleil flamboyant de Salses, lumineux, rayonnant sur l’étang, effaçait tout d’un coup, en nous éblouissant, les tensions de la nuit.

La mer au loin nous montrait le chemin puis la chaîne des Albères, la coste de Galeu qu’on franchissait d’un bond et le village enfin, encore tout somnolent. Seule debout, dans le silence du matin, la statue victorieuse, gardienne du monument, nous saluait de la main.

Et, métamorphosés, à chaque pas comblés, nous descendions la rue, notre rue, ma rue, désormais catalans, en entier, tout l’été.

Parfois rendus très tôt, pour éviter d’avoir à réveiller mémé, on attendait assis sur la margelle de pierre, la fin de ce silence matinal éphémère. D’abord dans notre dos par la fenêtre close, on entendait choquer les outils de Figuères qui partait à la vigne et puis c’était Jonca qui sortait les samalls, ses douelles et ses outils, plus loin sonnaient les chaînes du licou du cheval trépignant pour sortir sous la voix de François ; les docks méridionaux s’animaient à leur tour et Coste s’activait à placer les cagettes portant les fruits du jour. Par ci par là, des voix s’interpellaient, les maisons s’éveillaient…

Et devant nous, soudain, la clef dans la serrure de la maison chérie, annonçait le réveil de ma mémé Marie.

La porte s’ouvrait en grand et comme une de ces pommes burinée et fripée, bonifiée par l’hiver passée dans le grenier, la silhouette fragile toute de noir vêtue hormis son tablier en toile de matelas, entrait dans le soleil. Son doux visage aimé apparaissait alors, fermé, mélancolique et puis, levant les yeux, un instant en suspens, s’illuminait d’un coup, épanoui et heureux s’apaisant, lui et nous. Ouvrant ses bras en grand, pétillant du regard, on l’entendait sourire… « Enfin, vous êtes là ».

Plus tard, assis dans la cuisine aux allures de chaumière, aux tommettes édentées, aux murs noirs de fumée où l’ampoule électrique luttait pour éclairer ce décor immuable, on regardait mémé heureuse s’affairer. Devant le café chaud sur la toile cirée, sous l’antenne à ressort du poste de radio, on s’entendait répondre à la même question pourtant anecdotique, chaque fois renouvelée : « Seu fet bon viatge ? »-« oui, oui, »-« T’as pas vu Patrick ? »

 

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